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| La réserve naturelle El Paujil Puerto Pinzon, Colombie
Créée
en 2003 par la fondation colombienne ProAves, cette réserve naturelle d'un peu
moins de 1000 hectares
de forêt tropicale humide porte le nom de son espèce emblématique, le Hocco
d'Albert (Crax alberti): el paujil en espagnol.
Le paujil est
un grand oiseau endémique de Colombie de la famille des Cracidés, en
fort
danger d'extinction à cause de la fragmentation de son habitat et de la
chasse
(sa chair est très appréciée par les humains). L'objectif de la réserve
est de potéger le Paujil et l'écosystème fragile qui constitue
son
habitat ainsi que celui de nombreuses autres espèces. La fondation
ProAves (www.proaves.org), dédiée à l’étude des
oiseaux et à la protection de leur habitat, a
crée un réseau de 13 réserves naturelles de ce type en Colombie.

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Deux
personnes travaillent à temps plein pour la réserve : un coordinateur et
un garde. Outre la veille écologique, ils se consacrent à la collecte de
graines d’espèces endémiques. Après avoir germé dans la pépinière de la
réserve, les plantules seront replantées dans des zones déforestées de la
réserve et des alentours, reconstituant ainsi peu à peu la forêt originelle.
La
réserve a été conçue sur un schéma de protection de la nature “classique”:
les terres ont été achetées par ProAves, l'espace protégé a été clos, les
activités de culture, chasse et pêche évidemment interdites, ainsi que l’entrée
du public non autorisé. Ainsi, la protection de cet espace naturel se paie au
prix de sa quasi-totale séparation d'avec les hommes. Il est donc assez logique
que la réserve ne soit pas unanimement acceptée dans les communautés des
alentours...
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Pépinière
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Deux
actions mises en place par le personnel de la réserve viennent cependant
contrarier cette séparation réserve-population : c’est le cas des classes
d’éducation à l’environnement pour les enfants de puerto Pinzon. Les enfants
sont régulièrement sensibilisés à la biodiversité et au travail d’investigation
scientifique.
Mais
c’est surtout le projet “Mujeres por la Conservación” (Femmes pour la
Conservation), mis en place récemment dans plusieurs des
réserves colombiennes de ProAves qui retient l’attention par sa volonté d’associer
les habitants des communautés rurales voisines, et notamment les femmes, à la protection à la nature, tout en favorisant
son développement socio-économique.
| El Paujil est située dans une région qui a beaucoup
souffert de la guérilla colombienne (Puerto Pinzon était encore il y a peu de
temps contrôlée par les FARC). Aujourd’hui, si les violences ont cessé, les
habitants sont pauvres et les femmes notamment ont du mal à trouver leur place
dans les activités économiques.
Initié
en 2004, le projet “Mujeres por la Conservación” forme les femmes volontaires à la
création d’artisanat “écologique”. Les femmes apprennent à créer des objets
(bracelets de perles dans le cas de Puerto Pinzon) avec des matières naturelles
mais sans impact négatif sur l’emvironnement. ProAves fournit la formation et
les matières premières ; les objets sont ensuite vendus dans les magasins
des réserves ou lors de rencontres ornithologiques, colloques ou tout autre
évènement auquel participe la fondation. Les revenus sont intégralement versés
aux communautés, générant une entrée d’argent significative.
Ces
créations permettent de valoriser les ressources naturelles du lieu sans les
détruire.
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Femme de l'association
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Par ailleurs, et c’est peut-être le principal but recherché, cette
action permet de réconcilier en quelque sorte les communautés rurales et les
réserves, en leur permettant de travailler sur un projet commun, au profit de
la population.

Dans la réserve d'El Paujil
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Plus de photos de la Réserve Naturelle El Paujil
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